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Jockey, noir et célèbre dans le Courrier des Yvelines

Nelly Davies dédicace en l'honneur de son père
C'est le samedi 19 juin, jour de la fête des pères, que Nelly Davies a choisi de dédicacer son livre, «Jockey, noir et célèbre », à la Maison de la presse de l'avenue de Longueil. « Je voudrais, dit l'auteur, que cette séance de dédicaces soit la plus réussie, car Maisons-Laffitte, c’est notre ville commune à mon père et à moi. »
Itinéraire d'un jockey talentueux
«Jockey, noir et célèbre » est en effet un témoignage d'amour filial en même temps que le récit d'un destin exceptionnel. Le père de Nelly Davies, James Winkfield, est né en 1882 dans le Kentucky, terre de chevaux de course. Noir, petit-fils d'esclaves, 17ème enfant d'une famille de fermiers pauvres, Jimmy rêve de devenir jockey et monte à cheval dès l'âge de 5 ans. A 14 ans, il entre comme apprenti dans une écurie. A 16 ans, il remporte sa première course, à Chicago. A l'époque, la rivalité entre jockeys blancs et noirs est violente. Il lui arrive d'être poursuivi dans les bois par le Ku Klux Klan. En 1901 et 1902, il remporte la course la plus prestigieuse des Etats-Unis. Un aristocrate russe lui propose alors un fabuleux contrat : Jimmy devient le jockey n°l du tsar Nicolas II. Nelly Davies avec « Jockey, noir et célèbre » entre les mains.
La révolution russe de 1917 l'oblige à un nouvel exil. Il fuit la Russie avec 150 chevaux et s'installe à Maisons-Laffitte où il continue sa carrière de jockey, jusqu'à l'âge de 47 ans avant de devenir entraîneur. Marié à une aristocrate russe, il mène une double vie avec Joséphine qui lui donne un fils et une fille : Nelly Davies. Celle-ci n'a que 8 mois quand, en 1941, son père décide de retourner aux Etats-Unis pour fuir les Allemands. Il ne reviendra qu'en 1953. Etabli comme entraîneur à Maisons-Laffitte jusqu'à sa mort en 1974, c'est dans cette ville qu'il lui ouvre sa « valise aux souvenirs ». Aussi le roman de Nelly Davies commence-t-il par la scène du départ, en 1941, et ne lève le voile sur le passé du vieil homme qu'à mesure de leurs dialogues.
Un deuxième volume en préparation
«Si le livre marche bien, j'espère pouvoir publier un deuxième volume, car l'éditeur m'a obligée à élaguer de moitié mon manuscrit », explique-t-elle. Nelly Davies envisage aussi d'écrire une bande dessinée, illustrée par sa fille Gwladys. Toujours une question de transmission filiale.
Jean-François Mourtoux-Bokor
«Jockey, noir et célèbre - mon père, cet inconnu » - Editions du Rocher.
Le Courrier des Yvelines
Mercredi 23 juin 2010 - Page 25

Article

Article paru dans le Courrier des Yvelines de juin 2010
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